Titre original : Fifa 98 Road to World Cup
Support : Playstation
Existe aussi sur : Saturn, PC, Super Nintendo, Mega Drive, Game Boy
Sortie : fin 1997
Il fut un temps où dans le milieu de la simulation footballistique, Electronic Arts était un fragile leader. Obligé de travailler sérieusement sa mouture face à la concurrence, l’éditeur américain a livré l’un de ses meilleurs crus à la fin de l’année 1997 à l’aube d’une certaine Coupe du Monde en France…
L’orgie footballistique
Saison 1997-1998. Le monde du football est en ébullition. En plus des traditionnelles compétitions disputées aux quatre coins du globe, le sport roi s’apprête à accueillir une nouvelle Coupe du Monde… et pas n’importe où : en France ! Si l’aspect géographique ne passionnera sans doute que les Français et les amoureux du fromage, cette édition s’annonce surtout historique puisqu’elle intégrera, pour la première fois, pas moins de 32 sélections nationales. De quoi toucher un éventail de joueurs considérable, y compris du côté du pixel.
Un aperçu des nombreux titres orientés "ballon rond" sortis durant la saison 1997-98
Car, pour la première et unique unique fois, le monde du jeu vidéo va accueillir une véritable déferlante de softs consacrés au ballon rond. Ainsi, de la fin d’année 1997 jusqu’au printemps 1998, pas moins d’une dizaine de titres débarqueront (presque tous exclusivement sur PS1) : Actua Soccer 2, Adidas Power Soccer 98, ISS 98, Kick Off World, World League Soccer 98, Premier Manager 98, Guy Roux Manager 1997-1998 (Championship Manager), Football Pro Contest (Three Lions), et bien d’autres encore… Heureusement pour lui, FIFA 98 arrive parmi les premiers entrants.
FIFA 98 et ses nombreux visages en fonction de la localisation
L’opus de la maturité
Ayant amorcé son virage vers la « simulation nouvelle génération » (sous entendu, en 3D) avec FIFA 97, la cuvée 98 apparaît comme celle de la maturité. Dès l’allumage, le changement saute aux yeux. Finies les intros un peu pantouflardes évoquant les soirées football de TF1, FIFA 98 ouvre le bal avec une introduction dynamique portée par l’inoubliable « Song 2 » de Blur, qui plonge immédiatement le joueur dans l’ambiance des grands soirs.
Mais c’est surtout sur le terrain que l’évolution se fait sentir. Inutile de se mentir, en 1997, ISS de Konami est passé par là et a mis une douce pression à EA qui a dû relever ses manches pour se mettre au niveau. Ainsi, finie la 3D grossière et les joueurs clonés : l’épisode 98 profite d’un moteur graphique nettement plus abouti, offrant des modèles plus fins et plus crédibles. Pour la première fois, certains visages deviennent réellement reconnaissables grâce à une variété inédite de traits et les maillots sont nettement plus détaillés, tout ceci renforçant considérablement l’immersion.
FIFA 97 vs FIFA 98 sur PS1
La jouabilité connaît elle aussi une nette montée en gamme. Plus fluide et moins rigide que son prédécesseur, le jeu gagne en rythme sans perdre son accessibilité. Les passes s’enchaînent plus naturellement, les frappes semblent plus variées et les déplacements des joueurs donnent enfin une impression de cohérence. Cette sensation de fluidité est également renforcée par une caméra bien plus intelligente, qui suit beaucoup mieux le ballon et contribue à rendre l’action plus lisible et dynamique. Sans atteindre encore le réalisme des simulations futures (PES, on t’aime !), le titre trouve un équilibre efficace entre arcade et crédibilité, rendant les matchs bien plus agréables et dynamiques manette en main. Pour les commentaires en français, c’est toujours le trio Gillardi, Reichman et… Ginola (pourtant joueur au même moment !) qui est à l’oeuvre.
Pub pour la presse papier (fin 1997)
Une expérience personnalisée
Mais en cette année 98, EA enfonce le clou grâce à ses personnalisations.
En premier lieu, celle des joueurs. Darcheville est blanc ? Porato a encore des cheveux ? Vous pourrez facilement rectifier ces bévues grâce à une customisation poussée, allant jusqu’à l’aspect physique mais aussi la modification des noms et des statistiques générales pouvant transformer votre joueur en « phénomène ». Ainsi, chacun pourra améliorer ses joueurs fétiches et même se glisser dans un effectif en modifiant un joueur afin de se créer son propre avatar.
Le réalisme est également renforcé par l’éditeur de clubs, qui permet là aussi d’ajuster les maillots pour davantage d’authenticité, ou encore de modifier le nom d’une équipe afin de glisser dans le championnat national l’équipe du village du coin.
60 millions de sélectionneurs, et moi, et moi, et moi...
Evidemment, les modifications possibles n’enlèvent en rien aux qualités de la base de données pléthorique. Comme l’édition 97, pas moins de 11 championnats sont représentés. En plus de l’improbable et exotique championnat de...Malaisie (!), on retrouve les ligues de différents pays tels que : l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Suède, le Brésil, l’Écosse et… la France. De quoi faire. Notons que du côté des matchs amicaux, le foot salle apparaît pour la dernière fois avant un certain FIFA...2020 (et son mode Volta) !
Mais si l’édition 98 de FIFA est dans toutes les mémoires, c’est surtout pour son mode Coupe du Monde, d’une complétude inégalée ! 170 pays et, pour beaucoup, jusqu’alors JAMAIS disponibles dans un soft vidéoludique : Arménie, Corée du Nord, Hong Kong, Moldavie, Bénin, El Salvador… l’orgie ! Le titre ne se contente donc pas de proposer la phase finale, il propose de conduire ces équipes vers celle-ci en commençant par les qualifications pour le Mondial ! Autant dire que la durée de vie peut s’avérer démesurée, surtout si vous estimez que plusieurs “petites” nations méritent d’être présentes au tournoi !
Le mode "Coupe du Monde" est restée dans toutes les mémoires
Tout cela ne suffit pas ? EA propose en plus de constituer ses propres sélections.
Si certains pays n’ont guère de vivier en réserve, certaines nations (dont la France) ont l’embarras du choix. Ainsi, si vous pensez que Tony Vairelles, Florian Maurice, David Ginola, Ibrahim Ba ou encore JPP méritent de participer à France 98, vous pourrez très bien les glisser dans votre liste au détriment d’autres joueurs et ainsi devenir Aimé Jacquet le temps de votre partie.
C-O-M-P-L-E-T !
Paradoxalement et malgré le travail accompli sur cet opus, Electronic Arts proposera au printemps 98 pas moins qu’un jeu officiel spécialement dédié au tournoi. Malgré son habillage classieux et quelques affinages techniques (vitesse, graphismes…) et un mode inédit permettant de revivre d’anciennes finales, le titre sera loin d’être aussi intéressant et pour cause : le soft d’EA ne se limite qu’aux équipes officiellement présentes, plus huit “invités” non qualifiés officiellement excluant ainsi les phases de qualification et les nombreuses équipes qui la compose. Au final, ce faux “add-on” n’éclipsera jamais le titre précédent de l’éditeur.
Généreux, doté d’un mode Coupe du Monde de folie et de nombreuses améliorations, FIFA 98 s’impose comme un titre à jamais dans la mémoire des amateurs de ballon rond sur console. Le bon vieux temps !