[CINEPAT] Marty Supreme de Josh Safdie
MARTY SUPREME
Réalisateur : Josh Safdie
Pays : US
Sortie : 2026
Marty Supreme est le dernier film de Josh Safdie avec Timothée Chalamet, qui va bientôt concourir aux Oscars. Il s'agit ici d'un faux biopics, ou tout du moins librement inspiré des mémoires de Martin Reisman, le célèbre pongiste américain des années 50 surnommé l'Aiguille à cause de sa maigreur. Martin Reisman est ici renommé Marty Mauser, première indication que le film va pas mal dévier de la réalité avec de personnages secondaires qui pour certains n'ont jamais existé. Josh Safdie et son coscénariste jouent beaucoup entre la fiction et la réalité et aiment bien brouiller les pistes.
Le film débute à New York au début de années 50 avec un vendeur de chaussures Marty Mauser (Timothée Chalamet) qui a pour ambition d'être le numéro mondial de tennis de table en gagnant le British Open. Il aimerait vivre de sa passion, le tennis de table, mais à cette époque cette discipline n'est pas prise au sérieux. C'est pourquoi il doit travailler dans la boutique de chaussures de son oncle pour subvenir à ses besoins. Il est persuadé que s'il gagne le championnat du monde, il fera connaitre le tennis de table aux américains et qu'il deviendra une star de ce "nouveau" sport. Il a des rêves de grandeurs et pour ça, il est prêt à tout ... y compris participer aux shows des Harlem Globetrotters pour promouvoir son sport. Il veut aussi révolutionner sa discipline, en peignant les balles de pingpong en orange, pour quelles soient plus visibles pour les joueurs et pour améliorer le spectacle.
Bien sûr, tout ne se déroulera pas comme il l'espérait, car son plan a pas mal de trous dans la raquette. Il doit notamment s'occuper de sa petite amie Rachel (Odessa A’zion), une amie d'enfance qu'il a mise enceinte et qui plus est, mariée à Ira Mizler (Emory Cohen). Il séduit une actrice hollywoodienne des années 30 Kay Stone (Gwyneth Paltrow) et essaie de lui soutirer de l'argent. Il tente également de monter un business avec Milton Rockwell (Kevin O'Leary), un magnat de la plume et des finances dont la femme n'est autre que l'actrice Kay Stone. Il s'associe avec son ami Wally (Tyle Okonma) un chauffeur de taxi avec qui il monte des arnaques, encore une fois pour soutirer de l'argent. Il tente d'escroquer un vieux gangster (le réalisateur Abel Ferrara) en kidnappant son chien qui pue, ce qui se révèlera être un jeu très dangereux. Et puis, il y a sa mère (Fran Drescher) qui simule tout le temps des maladies et son oncle qui tente de saborder tous ses projets de gloire.
Marty Supreme est tout le temps surprenant et on ne sait jamais à quoi s'attendre d'une scène à l'autre. Le ton du film est vraiment très particulier, c'est drôle, c'est barré, ça peut être violent parfois et y'a des scènes de sexes qui peuvent être dérangeantes pour un jeune publique. Ce n'est vraiment pas un film à conseiller aux moins de quatorze ans. Et puis, il y a cette BO de Daniel Lopatin qui épouse la forme du film, avec des choix vraiment très éclectiques et qui ne se limitent absolument pas aux titres des années 50. On peut notamment entendre Forever Young d'Alphaville et Everybody Wants to Rule the World des Tears for Fears, deux tubes des années 80.
Marty Supreme est un film absolument jouissif et réjouissant. Alors certes, ça part dans tous les sens et c'est un film d'une suprême générosité, ça on ne peut pas lui enlever. On en prend plein les yeux et les oreilles, à l'extrême limite du too much ... mais pour moi, la limite du too much n'a pas été franchie. Je me suis totalement senti impliqué dans le film et par la fabuleuse performance de Timothée Chalamet. On a en même temps un sentiment de fascination et de rejet pour le personnage Marty Mauser, une véritable tête à claques (ses fesses s'en souviennent encore ^^) et une boule égocentrique et pourtant, au final on le trouve très attachant et ça, on le doit en grande partie à la justesse de jeu de Timothée Chalamet.
Marty Mauser se montre détestable avec tout le monde, mais on a quand même envie de le voir gagner, parce qu'il en bave malgré tout. Il essaie d'arnaquer tout le monde, de profiter du système, mais à chaque fois ça se retourne contre lui. C'est une critique cachée d'un système, le capitalisme à l'américaine, illustré ici par le sport spectacle qui met en avant le marketing et qui promeut le succès individuel à tout prix. C'est le fameux American Dream qui imprègne la société américaine et Marty lui aussi veut sa part du gâteau. A cela se rajoute ses origines juive avec l'idée que l'on peut être victime de quelque chose et pouvoir malgré tout faire de grandes choses.
Bref, Marty Supreme est un film à voir absolument, un film qui veut parfois trop en faire, du trop à tous les étages, trop de personnages, trop de musiques, trop d'arnaques, trop, trop, trop ... mais il a mérite de vouloir proposer quelque chose de différent. Si vous vous attendiez à un biopic classique, passez votre chemin. Le film mélange le vrai et le faux, parce que la fiction est toujours meilleure que la réalité.
SUPPOS (SUPREMES) : 5/6
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