6. 3D Space Harrier
« Welcome to the Fantasy zone ! Get ready ! Aaaaaaargh ! ». Qui a un tant soit peu fréquenté les salles d'arcade dans les années 80, ne peut qu'avoir le cœur qui bat la chamade et les joues en feu, en entendant la fameuse voix de synthèse de la démo de la borne Space Harrier, qui couvrait le son de toutes les autres bornes avec sa sono surpuissante pour l'époque.
Space Harrier sort en 1985, sur la borne dédiée, nommée sans surprise Sega Space Harrier, équipée de 2 microprocesseurs 16 bits et de 2 microprocesseurs 8 bit, qui accueillera également Hang-on, Enduro racer et Super Hang-on. Ce titre est le deuxième jeu (après Hang-on, également sorti en 1985) de la série bénéficiant de la technique du sprite scaling nommée « super scaler », permettant le zoom et la rotation des sprites associé à une représentation en perspective. En clair des sprites plats grossissent au fur et à mesure que l'on s'en approche à une vitesse décoiffante et en toute fluidité.
Le but de Space Harrier est de dégommer tout ce qui apparaît à l'écran, avec un personnage blond, inspiré par le manga Cobra: Space adventure de l'aveu même de Yu Suzuki, volant dans les airs à l'aide d'une arme servant à la fois de canon plasma et de propulseur.
Le jeu se démarque par un univers sorti de nulle part totalement dépaysant et étrange, Dragonland, un monde de la fameuse Fantasy zone découpé en 18 régions et autant de niveaux (Moot, Geeza, Amar, Ceiciel etc...). Perfectionniste jusqu'au bout, Yu Suzuki, n'a pas hésité à s'immerger totalement dans le meilleur de la littérature et de l'illustration de science fiction pour créer son univers. Ainsi Dragonland est en partie inspiré par l'oeuvre de Roger Dean qui a illustré les pochettes du groupe de rock progressif Yes ou dessiné le logo de l'éditeur de jeux vidéos sur Atari ST et Amiga, Psygnosis. Et en effet l'univers de Space Harrier est singulier, étonnant, étrange, déroutant et d'un « sense of of Wonder » peu commun : des mammouths cyclopes côtoient des rochers énormes en apesanteur et des champignons immenses de couleur fluo, tandis que des mechas et des UFO viennent nous canarder copieusement. Dragonland a aussi été inspiré par l'histoire sans fin, notamment les scènes de chevauchement d'une sorte de dragon lors des stages bonus.