C’est bien gentil tout ça, mais la 3D isométrique des années 90, moi ça me file des vertiges". Que nenni pauvre diable, ce titre vieux de 15 ans n’a pas pris la moindre ride. Les textures sont fines et détaillées, la fluidité ne souffre d’aucun défaut et la direction artistique est inattaquable. Au-delà de ça, le bestiaire arrive encore à faire frissonner le frêle joueur que je suis grâce à un design d’une délicatesse palpable. Moquez-vous, vous ferez moins les malins quand vous croiserez une araignée dotée d’une douzaine d’yeux et autres fantômes osseux sortant des entrailles d’une terre pourrie par la putréfaction. Rayman 2 a cette particularité que peu de titres ont : il ne vieillit pas. Les environnements et personnages sont comme crayonnés, on a véritablement l’impression d’être dans un livre de conte illustré. Même les effets de particules font toujours leur effet, c’est dire si le boulot abattu est impeccable. De ce côté-là, Rayman 2 remporte sa bataille contre les affres du temps les deux poings levés !
Qui dit Rayman dit plateforme, et qui dit plateforme à l’aube de la 3D dit danger! Certaines figures prestigieuses y ont laissé leur peau. Je pense notamment à Earthworm Jim, dont la carrière s’est terminée en queue de poisson (doux euphémisme pour un vers). Ubisoft s’en est tiré haut la main, et a même réussi à réinventer le genre aux cotés de figures emblématiques telles que Mario ou Banjo & Kazooie. On saute, on s’accroche, on court et on combat avec une aisance absolue. Le gameplay de Rayman 2 est calibré au poil de cheveux prêt. Aucune phase de jeu n’est hasardeuse, aucune mort ne peut être imputée à une jouabilité foireuse ou à un level design mal fagoté. Tout est tellement bien foutu que le titre paraîtra presque facile. Si ce constat est avéré durant la première moitié de l’aventure, la seconde vous donnera parfois du fil à retordre, notamment si vous souhaitez récupérer l’intégralité des bonus disséminés ici et là. En effet, certaines phases vous demanderont doigté et sans froid. Il n’est pas rare de devoir gérer une plateforme mouvante tout en castagnant des ennemis acharnés et parfois nombreux. En parlant de combat, sachez que vous pourrez locker la caméra d’une simple pression sur la gâchette arrière afin de faire face à votre ennemi et ainsi esquiver ses attaques avec aisance tout en le bombardant de boules lumineuses. Mention spéciale du côté des boss également, où l'originalité dans la manière de les appréhender est de mise. C’est donc un quasi sans faute, puisque seule une caméra parfois capricieuse et certains angles mal calculés viendront très légèrement ternir ce tableau idyllique.