[CRITIQUE CINEMA] Starship Troopers de Paul Verhoeven

Publié le par Lessthantod

STARSHIP TROOPERS
Réalisateur : Paul Verhoeven
Pays : US
Sortie : 1997

[CRITIQUE CINEMA] Starship Troopers de Paul Verhoeven

Sorti en 1997 et réalisé par Paul Verhoeven, Starship Troopers est l'adaptation très libre du roman du même nom de Robert A. Heinlein. Et au scénario on retrouve Edward Neumeier, qui était déjà à l'œuvre pour Robocop. Le duo Paul Verhoeven - Edward Neumeier nous ressert ici la recette déjà vue dans Robocop. C'est un film qui a été décrié lors de sa sortie, descendu par la critique et mal compris par une grande majorité des spectateurs, qui n'y voyaient là qu'une propagande pro-militaire. Or, sous ses airs de film de science fiction bête et méchant, se cache en réalité une satire anti-capitaliste et anti-militaire. Et au casting, on retrouve toute une brochette de jeunes acteurs plus habitués du petit écran et ça aussi c'est intentionnel. Ils sont jeunes, beaux et pleins d'avenir, mais ils sont remplaçables. Ils vont servir de "chair à canon" dans la bataille contre les forces Arachnides.

Dans un avenir lointain, le monde est unis en une seule fédération et le gouvernement en place qui dirige la Terre, mène une guerre contre les Arachnides. Nous allons suivre deux jeunes amoureux Johnny Rico (Casper Van Dien) et Carmen Ibanez (Denise Richards) qui vont s'engager dans l'armée. Et s'engagent avec eux Carl Jenkins (Neil Patrick Harris) qui est doué de capacités télépathiques, ainsi que Dizzy Flores (Dina Meyer) qui est secrètement amoureuse de Rico. Rico et Dizzy sont destinés à servir dans l'infanterie, tandis que Carmen veut devenir pilote et Carl va intégrer le service scientifique de l’armée. Et si tout ce petit monde veut s'engager dans l'armée, ce n'est pas forcément par conviction, mais parce qu'ils veulent devenir citoyens. Nous sommes dans un monde militariste qui promeut la guerre contre les Arachnides et tout est bon pour se fournir en chair à canon sous conscription ("Vous aussi, engagez-vous, devenez citoyen !). Et si on ne s'engage pas dans l'armée pour tuer des Arachnides, on reste un simple civil ... un sous citoyen, quoi !

[CRITIQUE CINEMA] Starship Troopers de Paul Verhoeven

On retrouve donc des jeunes acteurs au sourire ultra bride déjà passés par le petits écrans, dans des soap opéra tels que Beverly Hills 90210 ou Melrose Place par exemples. On a tout de suite l'impression de suivre Barbie et Ken qui s'en vont en guerre. En témoigne le triangle amoureux entre Rico, Carmen et Dizzy. Rico est fou amoureux de Carmen, mais tous deux vont être séparés, ce qui laisse laisse la porte ouverte à Dizzy, qui suit Rico dans l'espoir de mettre le grappin sur lui. Mais la guerre va interrompre ce soap opéra, parce que les Arachnides "auraient" attaqué la Terre. Vu au premier degré, Starship Troopers peut sembler être un film militaire, voire même fasciste, si on en croit certaines critiques de l'époque qui sont tombées dans le panneau. Alors qu'en réalité, Starship Troopers c'est tout le contraire. C'est le principe d'une satire, qui ici dénonce l'interventionnisme mondial (à comprendre ici américain) qui va chercher la petite bête aux Arachnides. Car à bien y penser, ce sont les humains qui sont les agresseurs et non les Arachnides, qui eux ne font que se défendre contre l'agresseur.

[CRITIQUE CINEMA] Starship Troopers de Paul Verhoeven

La satire anti-militariste et anti-va t'en guerre est évidente. Paul Verhoeven revendique sa culture européenne et critique l'interventionnisme à tout va des américains. On y retrouve les plages publicitaires déjà vues dans Robocop, qui sont de pures propagandes militaristes. Le synisme de ces séquences est tellement poussé, que ça en devient très drôle. Paul Verhoeven a dû beaucoup s'amuser en imaginant ces séquences. Et Paul Verhoeven oblige, on a droit à des scènes de combats bien gores contre les Arachnides, avec les têtes qui tombent et les bras arrachés. On retrouve également Basil Poledouris à la BO et Phil Tippett aux effets spéciaux, deux des plus fidèles collaborateurs de Paul Verhoeven. Et pour le coup, ils se sont surpassés. Les compositions de Basil Poledouris sont parmi les meilleures de sa carrière et Phil Tippett à tout simplement réussi l'impossible. Pour un film de 1997, les effets spéciaux sont hallucinants. Le mélange entre les prises de vues réelles, les animatroniques et les effets numériques sur fonds verts sont très impressionnants. C'était du jamais vu pour l'époque. Et pour finir, on retrouve dans Starship Troopers des acteurs "sales gueules" que moi j'adore, Michael Ironside et Clancy Brown.

Bref, Starship Troopers est l'un de mes Paul Verhoeven préférés, de mémoire le premier de lui que j'ai vu au cinéma (un souvenir mémorable). Et pour revenir sur la polémique qu'a suscité le film à sa sortie, je n'ai jamais compris les accusations de fascisme qu'on lui a affublés, tellement l'aspect parodique est poussé (très) loin ici. Sous ses faux airs de propagande pro-armée américaine tendance Top Gun, Starship Troopers est en réalité un brulot antimilitariste brillant et une critique acerbe de l’interventionnisme américain dans le monde, en témoigne son choix osé d'affubler ses scientifiques d'uniformes de la SS. Il serait vraiment idiot de cantonner Starship Troopers à une vulgaire série B, alors que c'est tellement plus que ça ... j'irais même jusqu'à dire que c'est un véritable chef-d'œuvre !

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Publié dans CRITIQUE CINEMA

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Commenter cet article

P
critique 'fasciste' bon, vu le profil des lascars qui emploient ce terme, c'est plutôt un compliment en fait..<br /> <br /> le summum du cynisme c'était de voir ce bon vieux dr doogie des années 80 reconvertis en dr mengele pour ce film que l'on voit à la toute fin (spoiler) continuer ses expérience sur la grosse larve 'cerveau' en captivité..<br /> délectable jusqu’à la lie :-)
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D
Des effets visuels jamais vu qui ont marqué leur époque !<br /> Et très fun
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