[RETROGAMING] Shatterhand / NES

Publié le par Psychotyphoon

Shatterhand
Support : NES
Éditeur : Jaleco (Développeur : Natsume)
Année : 1991 (USA/EU) / 1993 (FR)

Genre : Action / Plateforme / Beat 'em up
Support : Cartouche
Nombre de joueur : 1

[RETROGAMING] Shatterhand / NES

En l'an 2030, une faction militaire de cyborgs renégats baptisée "Metal Command", menée par le général ténébreux Grover, émerge des ombres pour conquérir le monde. Face à cette armée de métal, les forces de police traditionnelles sont balayées. Steve Hermann, un jeune flic courageux, tente de s'interposer mais y laisse ses deux bras, laissés en miettes par les forces ennemies.

Sauvé de justesse, la division cybernétique d'élite RN&D lui propose une seconde chance : remplacer ses membres perdus par des implants cybernétiques de pointe d'une puissance phénoménale. Steve accepte, change d'identité et devient Shatterhand. Armé de ses seuls poings d'acier et d'une soif de justice inextinguible, il s'élance à corps perdu dans les complexes militarisés pour réduire la menace technologique en pièces détachées.

Pour la petite histoire, le jeu est sorti initialement au Japon sous une licence officielle bien différente, nommée Tokkyuu 指令 Solbrain (une série de type Tokusatsu / Metal Hero). Pour son exportation en Occident, Natsume a troqué l'armure de flic futuriste contre un design de veston en jean et de lunettes de soleil ultra-badass à la Terminator ou Cobra. Un remaquillage qui transcende l'œuvre originale, donnant naissance à l'une des cartouches les plus percutantes et abouties de la fin de vie de la 8-bits de Nintendo.

DES COUPS DE POING ET DES DRONES

Les contrôles de Steve sont d'une réactivité sans faille, répondant à la formule traditionnelle de l'action-plateforme : un bouton pour sauter, un bouton pour cogner. Pas d'arme à feu ici, la puissance brute de vos poings cybernétiques est votre principal atout. Vous pouvez frapper debout, accroupi, ou agrippé à des grillages en arrière-plan pour nettoyer les zones encombrées. L'inertie du personnage est lourde mais parfaitement dosée, offrant des réceptions de sauts très carrées.

La grande force et l'originalité du gameplay résident dans son système de drones de soutien flottants. En frappant des caisses, vous récoltez des puces gravées de lettres ("Alpha" ou "Beta"). En combinant trois de ces lettres, un drone robotique apparaît pour vous épauler. Selon la combinaison (par exemple alpha\alpha\alpha, alpha\beta\alpha ou beta\beta\beta), vous débloquerez l'une des 8 déclinaisons de robots disponibles : lance-flammes, sabre laser, tirs de grenades, ou bouclier d'énergie. Mieux encore : si vous recréez la même combinaison alors que votre drone est déjà actif, Steve fusionne temporairement avec lui pour revêtir une armure dorée surpuissante, capable d'annihiler l'écran en quelques secondes.

Nous sommes face à un jeu d'action hybride exigeant, à la croisée des chemins entre un Mega Man pour sa structure non linéaire et un Ninja Gaiden pour la précision chirurgicale de ses phases de plateformes. Le bestiaire fait honneur à la science-fiction militaire : androïdes de patrouille, chiens cybernétiques, robots-foreuses et boss gigantesques. La progression se fait à l'apprentissage, en gérant habilement sa jauge de vie et ses pièces de monnaie, indispensables pour activer des blocs de soin ou des bonus de puissance au sol.

DANS L'ENFER DU MÉTAL COMMAND : NIVEAU PAR NIVEAU

Stage d'introduction : L'usine de filtration
Un premier niveau idéal pour tester l'impact dévastateur de vos poings (capables de détruire les balles ennemies !) et comprendre la mécanique des puces alpha et beta. Le boss, un colosse équipé d'un lance-flammes, vous obligera à esquiver au bon moment et à contre-attaquer au corps-à-corps.

[RETROGAMING] Shatterhand / NES

Stages 1 à 5 : Sélection libre
À l'instar d'un Mega Man, vous pouvez choisir l'ordre des cinq complexes suivants : L'usine de traitement des acides, la raffinerie industrielle, le complexe de recherche sous-marine, la zone de cargaison aérienne et la forêt fortifiée.

[RETROGAMING] Shatterhand / NES
[RETROGAMING] Shatterhand / NES[RETROGAMING] Shatterhand / NES

Stage Final : Le quartier général de Grover
L'assaut sur la forteresse finale de Metal Command. Un parcours du combattant ultra-condensé reprenant tous les pièges croisés précédemment. Après un traditionnel Boss-Rush revisité, vous ferez face au général Grover dans un affrontement dantesque à tiroirs. Préparez vos poings, vos meilleurs drones, et une concentration absolue !

[RETROGAMING] Shatterhand / NES

TECHNIQUE ET SENSATIONS

Graphismes

Natsume livre ici un véritable chant du cygne pour la console de Nintendo. Visuellement, Shatterhand est une claque graphique pour la 8-bits. Les décors industriels et dystopiques grouillent de détails (effets de lumière sur l'acide, décors en arrière-plan destructibles, machineries animées). La palette de couleurs exploite les contrastes sombres et métalliques à la perfection, mettant en valeur la vivacité des tirs laser et les explosions. C'est l'un des jeux les plus propres et matures de la machine.

Animations
Le jeu impressionne par sa fluidité constante. L'animation de Steve lorsqu'il assène ses rafales de coups de poing rapides est d'un dynamisme incroyable. Les impacts sont lourds, accentués par des micro-reculs graphiques qui donnent une sensation de puissance phénoménale à chaque impact. Les boss bougent sans la moindre baisse de framerate, preuve d'une optimisation de pointe du hardware.

Maniabilité
C'est un sans-faute absolu. Steve répond instantanément et la hitbox du personnage est d'une honnêteté irréprochable. Le système de puces pour invoquer les drones demande un petit coup de main pour ne pas ramasser la mauvaise lettre par accident, mais une fois le système dompté, alterner entre les robots devient une seconde nature. Se défaire des tirs ennemis d'un simple coup de poing bien timé procure un sentiment de puissance inégalé.

Son
L'autre chef-d'œuvre du titre. Composée par le légendaire Iku Mizutani, la bande-son de Shatterhand est une masterclass absolue de la NES. Les pistes techno-rock et synth-pop s'appuient sur des percussions d'une frénésie folle et des lignes de basse ultra-saturées. Le thème de l'écran titre et celui de l'usine d'acide font partie des plus grands morceaux de l'ère 8-bits. Les bruitages d'impacts de métal et d'explosions sourdes viennent sublimer l'action à chaque seconde.

Difficulté
Le titre se veut exigeant mais s'avère nettement plus équilibré et accessible que Journey to Silius. Grâce au système de drones qui peut grandement vous faciliter la tâche et à la possibilité de restaurer sa vie contre de l'argent, la courbe de progression est gratifiante. La mort n'est jamais injuste : elle résulte toujours d'un mauvais timing de saut ou d'une mauvaise lecture des paterns ennemis.

CONCLUSION

Shatterhand s'impose sans trembler aux côtés de Journey to Silius au panthéon de l'action-plateforme sur NES. Natsume signe un chef-d'œuvre d'action brute, porté par un système de drones ingénieux, des graphismes crachant les tripes de la console et une bande-son d'une énergie monumentale. Moins rigide qu'un Contra et plus viscéral qu'un Mega Man, le jeu offre des sensations de combat d'une efficacité rare. Pour tout mordu de retrogaming et de pixels d'acier, insérer cette cartouche dans sa console est une expérience indispensable. Un monument de pixel-art et de puissance brute !

Publié dans RETROGAMING

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article