[TEST RETRO] Castlevania Legends / Gameboy

Publié le par Psychotyphoon

CASTLEVANIA LEGENDS
Support : Game Boy (Test sur Super GameBoy)
Éditeur : Konami (Développeur : Konami Nagoya)

Année : 1997 (JP/USA) / 1998 (EU)
Genre : Action / Plateforme
Support : Cartouche
Nombre de joueur : 1

[TEST RETRO] Castlevania Legends / Gameboy

LE CRÉPUSCULE DES PIXELS ET L'AUBE DES BELMONT

En l'an de grâce 1450, bien avant les exploits légendaires de Simon Belmont ou de Trevor, une ombre immense plane sur la Valachie. Le comte Dracula, désireux de soumettre l'humanité à sa volonté maléfique, lève une armée de créatures de la nuit. C'est alors qu'une jeune femme de 17 ans nommée Sonia Belmont, dotée d'une sensibilité spirituelle hors du commun et entraînée aux arts du combat par son grand-père, décide de prendre les armes. Munie du fouet sacré familial (qui deviendra le célèbre Tueur de Vampires), elle s'élance vers le château de Castlevania pour sceller le destin du prince des ténèbres et laver l'honneur de sa lignée.

Pour la petite histoire, Castlevania Legends est le troisième et dernier opus à avoir vu le jour sur la Game Boy originale. Sorti en fin de vie de la console portable (alors que la PlayStation accueillait déjà le révolutionnaire Symphony of the Night), cet épisode revêt une importance historique : il met en scène la toute première femme protagoniste de la franchise. Conçu initialement comme la préquelle absolue de la saga, le jeu sera plus tard boudé par Koji Igarashi (le producteur historique de la série) qui choisira de l'exclure de la chronologie officielle. Un statut de "vilain petit canard" pourtant injuste pour une cartouche qui pousse la petite 8-bits de Nintendo dans ses derniers retranchements.

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LE POUVOIR DE L'ÂME : SENSATIONS ET MAGIE REVISITÉE

Les contrôles de Sonia s'inscrivent dans la pure tradition des premiers Castlevania rigides mais précis : un bouton pour sauter, un bouton pour claquer le fouet. La maniabilité a cependant été assouplie par rapport aux précédents volets Game Boy (The Adventure et Belmont's Revenge). Sonia est plus vive, capable de sauter avec une trajectoire légèrement modifiable en plein vol, et surtout, elle peut se déplacer accroupie, une feature salvatrice pour éviter les projectiles bas. Autre nouveauté majeure de cet opus : la possibilité de grimper et descendre les cordes à toute vitesse, dynamisant grandement l'exploration verticale.

La grande originalité de cet épisode repose sur l'abandon des armes secondaires classiques (la hache, l'eau bénite ou la croix) au profit de deux mécaniques exclusives :

La Magie des Âmes (Soul Weapons) : En terrassant les boss de fin de niveau, Sonia absorbe leur essence géométrique. Ces âmes débloquent des magies activables via le menu pause (soin, gel du temps, tirs d'énergie) consommant des cœurs.

Le Mode Enragé (Burning Mode) : Une fois par niveau, en pressant simultanément les boutons A et B, Sonia s'entoure d'une aura de feu invincible pendant quelques secondes. Sa vitesse est doublée, ses attaques sont démultipliées. Un atout tactique indispensable à réserver pour les moments de panique ou les phases de boss cruciales.

Le saviez-vous ? Les niveaux cachent des "objets piégés". Si vous ramassez une bougie suspecte, vous serez instantanément téléporté dans une salle secrète souterraine blindée de monstres, dont il faudra s'extirper pour reprendre le cours du niveau. Une prise de risque gratifiante pour les joueurs en quête de défi !

Stage 1 : La demeure profanée
Un niveau d'introduction classique mais efficace. On y apprend à maîtriser la portée du fouet (améliorable deux fois grâce aux cristaux pour obtenir une boule de feu au bout de la lanière). Le boss, un vampire chauve-souris, s'apprivoise facilement en mémorisant ses trajectoires aériennes.

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Stage 2 : Le cimetière et le clocher abandonné
L'ambiance se corse avec l'apparition des fameuses têtes de Méduses volantes et de zombies sortant de terre. La progression devient verticale et demande une attention de tous les instants lors des sauts de corniche en corniche.

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Stage 3 : La cathédrale de la terreur
Un stage sublimé par des vitraux en arrière-plan (une prouesse sur écran monochrome). Les pièges de pointes et les plateformes mouvantes s'enchaînent. Le boss, le redoutable Dragon de Feu, demande une utilisation judicieuse de l'esquive.

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Stage 4 : Les couloirs souterrains
Le niveau le plus labyrinthique du jeu, truffé de fausses pistes et de salles de pièges. C'est ici que vous croiserez Alucard, le fils de Dracula, dans un affrontement d'anthologie à forte charge narrative, destiné à tester la valeur de Sonia.

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Stage Final : Le donjon de Dracula
L'ascension finale vers la salle du trône. Un condensé de sadisme vidéoludique où chaque erreur de saut est punitive. Après avoir traversé un pont suspendu sous un ciel d'orage, vous ferez face au Comte Dracula pour un duel final en deux phases titanesques. Sortez vos magies de soin et votre Burning Mode, vous en aurez besoin !

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TECHNIQUE ET SENSATIONS

Graphismes

Konami Nagoya maîtrise la Game Boy sur le bout des doigts en 1997. Le jeu affiche des sprites imposants et magnifiquement animés. Les décors fourmillent de détails gothiques : dalles usées, statues décrépites, ciels d'orage tourmentés. La lisibilité reste excellente malgré l'absence de couleur, évitant l'effet de flou inhérent à la console portable.

Animations
Sonia Belmont bouge avec une élégance rare pour un jeu 8-bits portable. Le mouvement du fouet est fluide et claque avec une sensation d'impact grisante. Mention spéciale aux transformations des boss et aux effets visuels du Burning Mode qui flattent la rétine.

Maniabilité
Le gameplay est exigeant mais d'une honnêteté irréprochable. L'ajout de la glissade accroupie et la vitesse de montée aux cordes effacent la lourdeur historique de la saga sur console portable. On peste parfois sur certaines hitboxes de chauves-souris un peu larges, mais rien qui ne vienne gâcher le plaisir de jeu.

Son
Composée par l'équipe sonore de Konami, la bande-son est une merveille de la puce sonore de la Game Boy. Outre des compositions originales épiques et sombres qui collent parfaitement à l'ambiance, le jeu se paye le luxe d'intégrer une version magistrale de "Vampire Killer" (le thème culte de la série) dès le premier niveau. Les bruitages de fouet et de monstres qui s'effondrent en poussière sont percutants.

Difficulté
Le titre est corsé, fidèle à la réputation de la franchise, mais s'avère bien plus accessible que le premier Castlevania: The Adventure. Le Burning Mode et les magies de soin octroient un droit à l'erreur bienvenu. De plus, le jeu intègre un système de mots de passe, permettant de digérer la difficulté niveau par niveau sans frustration.

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CONCLUSION

Castlevania Legends est une perle méconnue qui mérite amplement de sortir de l'ombre de ses grands frères de salon. Konami signe un jeu d'action-plateforme gothique ultra-solide, porté par un personnage féminin charismatique, des mécaniques de gameplay novatrices pour l'époque et une réalisation technique qui honore les derniers instants de la Game Boy. Moins révolutionnaire qu'un Symphony of the Night mais infiniment plus maîtrisé et viscéral que les premiers essais portables de la série, il offre une aventure indispensable pour tout amateur de retrogaming nomade. Une cartouche de sang et d'acier à posséder absolument !

Publié dans RETROGAMING

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