[RETROGAMING] DOOM : l'Ultime Carnage / Super Nintendo

Publié le par Dami1

DOOM
Support : Super Nintendo
Sortie : 1995

 

 [RETROGAMING] DOOM : l'Ultime Carnage / Super Nintendo

Alerte : au royaume de Nintendo, la porte des enfers s’est ouverte ! Ce qui devait rester un paradis familial aux couleurs acidulées se retrouve soudain éclaboussé de sang pixelisé et d’armes dévastatrices. Et c’est l’incontournable DOOM qui a libéré les démons…


Du PC à la 16 bits…

Au début des années 1990, un véritable phénomène débarque sur ordinateur : DOOM. Ce jeu de tir à la première personne plonge le joueur dans la peau d’un marine affrontant des démons venus de l’enfer sur Mars. Au-delà de son rythme effréné et de son style inédit  (bien que préparé par son aîné Wolfenstein 3D), le titre provoque une onde de choc dans le monde du jeu vidéo grâce à son mode multijoueur en réseau local : une révolution pour l’époque ! Le succès est tel que DOOM devient rapidement la bête noire de nombreuses entreprises et universités américaines qui monopolise l’attention de leurs employés et étudiants.

Premier paragraphe d'un article du Washington Post sur le phénomène Doom et ses répercutions dans le monde professionnel

Premier paragraphe d'un article du Washington Post sur le phénomène Doom et ses répercutions dans le monde professionnel

Très vite, il apparaît évident que le jeu ne peut rester cantonné au PC. Par amour de l’argent, id Software décide de le porter sur machines de salon. C’est donc une petite année après la version sur ordinateur que le jeu entame sa tournée sur les consoles, à commencer par deux bécanes commercialement moribondes : l’Atari Jaguar puis le Sega 32X, l’add-on de la Megadrive.

 [RETROGAMING] DOOM : l'Ultime Carnage / Super Nintendo

Toutefois, la vraie surprise vient d’ailleurs. Gros fans du jeu, les équipes de Sculptured Software préparent en secret une version bêta pour convaincre les éditeurs de l'adapter sur Super Nintendo. Familiées de la 16 bits (ils ont développé tout un tas de jeux dont la trilogie Mortal Kombat), le studio convainc sans mal Id Software et les éditeurs Williams et Ocean de leur donner le feu vert. Annoncé à l’E3 1995, soit quelques mois à peine avant sa sortie officielle, l'annonce étonne car personne ne s’attendait à voir un pareil titre sur une 16bits en fin de vie…

Concessions infernales
 DOOM sur Super Nintendo ? Vraiment ? Si les joueurs PC peuvent sourire face à une telle conversion, les amateurs de 16 bits se réjouissent de pouvoir enfin découvrir ce titre culte sur leur modeste console et ce, grâce à la magie de la récente puce Super FX2. Mais ce portage ne se fait pas sans concessions. Dès les premières secondes, on remarque que le soft ne remplit pas tout l’écran : la zone de jeu est limitée à une fenêtre d’environ 216 × 176 pixels.

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La fréquence d’images est alors très réduite, souvent autour de 10 FPS, et le jeu est entourée d'une bordure noire qui doit alléger le calcul et améliorer légèrement les performances globales. Le rendu final est sans surprise, mitigé avec une image plus sombre, granuleuse et moins détaillée que sur PC. 


En outre, pour continuer à économiser de la mémoire, les développeurs ont dû simplifier les textures des sols et des plafonds, désormais unis et uniformes et réduire les animations des ennemis. Certaines scènes ou transitions n’ont également pas pu être implémentées complètement, si bien que la fin de certains niveaux apparaît parfois tronquée ou abrupte.

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…Mais des qualités à revendre                                                                                          
Malgré la réduction de résolution et du framerate, "DOOM SNES" conserve l’essence du gameplay : exploration, combats rapides et tension. En outre, les niveaux restent reconnaissables, l’atmosphère oppressante est préservée et les environnements conservent leur aspect labyrinthique. 

 [RETROGAMING] DOOM : l'Ultime Carnage / Super Nintendo

Mieux, le titre reste étonnamment fluide et il est globalement aisé de déambuler dans ses dédales. Dans l’ensemble, l’expérience reste étonnamment fidèle : la tête du personnage se déforme à mesure qu’il encaisse les coups et les animations arme à la main, sont quasiment identiques à celles de la version PC. Bien que le portage perd en profondeur et en précision, il ne trahit jamais l’esprit du jeu original. En outre, le jeu dispose pour la première fois depuis son portage PC, d'une vraie OST.


La meilleure version console (à sa sortie) ?
Malgré ses défauts, DOOM sur SNES s’impose comme un portage remarquablement solide du hit d’Id Software, peut-être même le meilleur disponible à ce moment-là (rappelons que les versions 32 bits n’arriveront que quelques semaines plus tard).
La raison ? Contrairement aux versions Jaguar et 32X, la mouture SNES a bénéficié d’un temps de développement et de finition bien plus conséquent, tandis que les autres adaptations ont été précipitées pour des raisons commerciales.

Novembre 1995 : Ocean, distributeur européen du titre s'accocie à Joypad le temps d'une VHS présentant le soft et ses prochaines sorties


Le résultat : des niveaux plus complets, des ennemis et  une ambiance sonore plus riche et fidèle, qui parvient, malgré les contraintes techniques, à recréer l’oppression si particulière du DOOM d’origine. Qui l’eût cru ?


Hérésie pour certains, adaptation qui force le respect pour d’autres. Toujours est-il que DOOM sur Super Nintendo a largement contribué à populariser la licence auprès d'un nouveau public, grâce à un portage aussi surprenant qu’inattendu. Bien qu’imparfait, le jeu a le mérite de préserver l’essentiel : la nervosité et l’atmosphère unique qui ont fait le succès du titre original. Véritable prouesse technique pour la console de Nintendo, cette version demeure un témoignage fascinant des capacités insoupçonnées de la machine et de la volonté des développeurs de relever le défi d’adapter sur celle-ci les portages les plus ardus et les moins attendus.

Publié dans RETROGAMING

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