[FLASHBACK] LE "JACKINTOCH"
En 1984, Apple révolutionne l'informatique avec le Macintosh, mais qui reste une machine réservée aux (très) riches. Dès l'année suivante Atari réplique et nous
présente l'Atari ST, le "Jackintosh" (du prénom du PDG de la firme), une machine du même style (avec le même processeur que le Mac et une interface graphique GEM) mais à "bas prix", un
peu plus de 10 000 francs, ce qui restait inaccessible pour le grand public malgré tout. La révolution viendra cependant deux ans plus tard avec le dernier modèle 520 STF dont
le prix chute pour finir à 2990 francs !On a rarement vu des baisses de prix aussi spectaculaires dans l'informatique. Des caractéristiques de rêve pour ce prix : Processeur 68000 à 8Mhz, 512Ko de RAM (8x plus que le C64 !), un lecteur de disquette 720 ko et le système d'exploitation qui est passé en ROM ! Nous avons enfin accès à l'informatique "utile" avec des applications sérieuse en plus des jeux. Il deviendra l'ordinateur "grand public" branché en France, même si l'Amstrad CPC résista bien, et l'Amiga aura de ce fait beaucoup de mal à émerger (du moins en France). Mais en 1990 Atari traîne toujours son STF et ne fait qu'une simple mise à jour de sa machine avec le STE (en se permettant même de repasser le prix à 3490 francs !). C'est le début de la fin, le fumeux projet Falcon, puis la console Jaguar enterreront définitivement la firme mythique des années 70.
Au
début des années 80 nous sommes tous fans de Star Wars et les jeux de tir spatiaux nous font revivre les grands moments de l'Empire Contre-Attaque ! Hélas ça se passe uniquement dans mon
centre commercial où sont exposées les bornes Galaga et Defender... car bon je m'ennuie un peu avec mon Space Invaders sur Atari 2600. Tiens un jeu nommé Parsec sur Ti-99 vendu au
JouetClub du coin ? Un shoot'em up qui me fait penser à Defender. Laissons nous tenter, je ne suis plus à une daube prêt sur cet ordinateur ! Bordel de sprite !!! De vrais sprites fluides, un
scrolling, un tir laser qui déchire, des ennemis vifs, un champs d'astéroïdes, des explosions de pixels ! Je possède enfin un jeu next-gen à la maison ! Le jeu est en "bit-map graphics" et exploite
pour la première fois la puissance 16 bits de l'ordinateur (car oui le Ti-99 est un 16 bits !!!). Le jeu sera reconnu par la suite comme l'un des meilleurs shoot de l'époque et obtiendra 6
supp... heu pardon 6 étoiles dans TILT. Mais le Ti-99/4A est déjà condamné, et je désespère à savoir que cet ordinateur aura été totalement sous-exploité.
Marre des crampes sur l'Atari 2600, déçu des jeux Ti99 4/A, en 1982 je suis un peu frustré en admirant dans les cafés les jeux de folie proposés en arcade. Il reste
un espoir... une console revolutionnaire de CBS doit débarquer des USA... Quand la Colecovision sort enfin en Europe (mi 83) je me suis jeté dessus comme un pac-man affamé
! Et là je bave devant la télé familiale en découvrant Donkey Kong, très proche de la version arcade, avec son héros le grand singe, sauf que vous dirigiez un looser de
plombier (un drôle de personnage sans charisme qui ne fera pas carrière dans le jeu vidéo). Ce jeu est en tout cas une révolution : pour la première fois nous avions l'impression de
pouvoir jouer à l'arcade chez soi ! Au placard les pongs et les gros pixels ! Alors qui aurait pu imaginer le crack mondial du jeu vidéo seulement six mois plus tard ?!
Bref, un an après son achat, ma console avait disparu totalement du marché, place aux To7, Spectrum, Oric, Atari XL, MSX, C64 et autres Amstrad ! Le jeu vidéo sur
console est mort et ça semble alors quasi définitif : place au basic, aux simulations, aux robots, à l'homme sur mars comme le promettent les frères Bogdanof à la télé. Bref, je serai
ingénieur à la NASA grâce à mon nouvel ordinateur ! La Colecovision c'était vraiment de la merde.
En
1987 j'achète un peu par hasard le jeu Arkanoid pour mon très vieillissant Amstrad CPC 664 (produit par cet escroc de barbu anglais : Mr Sucre), un jeu de casse-brique, genre complètement
has-been à cette époque ! Tout le monde avait oublié le Breakout (1976) de Steve Wosniak et Steve Jobs (deux loosers barbus... du moins chez Atari), et j'avais aussi quasiment mis aux
oubliettes mes casse-briques sur console pong et Atari 2600. Arkanoid... le titre sonne bien, je tente le coup même si je connaissais très mal, n'ayant de plus jamais pu voir la
borne d'arcade sortie l'année précédente (c'était devenu trop cher de jouer sur borne d'arcade, certaines étaient montées à 2 francs la partie, pfffff). Après tout un jeu
TAITO/IMAGINE ça devrait pouvoir le faire. Bordel de sprite, quel choc ! Un très rare et génial overscan vertical, un jeu coloré et nerveux, un gameplay dantesque, le tout
rendait le jeu très sexy et très arcade, ce que l'on n'avait vraiment pas l'habitude de voir sur ce vieux coucou 8 bits ! Après deux ou trois parties, j'ai du quitter la
pièce et aller prendre l'air pour m'en remettre. J'adorais à nouveau mon CPC 664 même si un mois plus tard je le trompais avec un ATARI ST. Arkanoid, ça cassait vraiment des briques (Dr Floyd,
humoriste !).





























