Le fanatique de l'Amiga

Publié le par Monsieur Atari

L’Amiga 500 était un ordinateur qui eut son heure de gloire de 1989 à 1992, avant que les consoles japonaises comme la Mega Drive, et surtout la Super Nintendo, fassent mieux pour moins cher, puis que le PC ne s’impose vers 1993 comme ordinateur suprême et ne le relègue au rayon des antiquités. Pendant ce court moment de célébrité, une importante communauté de fans se forma, réunie par l’amitié, le piratage des jeux et l’obésité.

Pour la plupart d’entre eux, ce fut leur premier ordinateur, payé par leur cadre de papa, et reçu pour leurs 12 ans ou à Noël. Les premières fois sont toujours émouvantes et ils se rappelleront jusqu’à la fin de leurs jours de ces moments émus où ils jouaient à Shadow Of The Beast ou lançaient la démo du « Juggler » pour épater leurs copains toujours sous 8 bits.

C’était l’heureux temps des « party », avec d'autres déchets rubiconds suintants, à copier des tonnes de jeux auxquels ils ne joueraient jamais, à mater des photos en 4096 couleurs scintillantes, à écouter un bout de chanson à la mode samplée en 10Kbp/s, à taper 892453 lignes de code en assembleur pour faire tourner une bite en 3D fil de fer, le tout entre deux sandwiches rillettes-mayonnaise et trois branlettes sur Tabatha Cash. 90's style !

Trente ans après, alors que les ¾ d’entre eux sont passés à autre chose, le tout petit quart restant, lui, est toujours bloqué sur l’Amiga. Les forums spécialisés leur servent de comptoir où ils peuvent occuper leur chômage en en parlant à longueur de journée dans des termes alternant le ridicule avec l’inquiétant. Pour eux, le temps s’est arrêté quand ils ont reçu leur Amiga. Ce fut une révélation ! Ils n’en sont jamais revenus et n’en reviendront jamais.

Bien sûr, pour la vie de tous les jours, ils ont un PC (ou un Mac), mais ils l’utilisent presque par dépit. Ils n’aiment pas ça. Leur rêve serait d’avoir un Amiga à la place. Un Amiga pour tout. Le Net, les jeux online, la rédaction de CV pour retrouver un boulot, les films de cul en HD etc.

Voyant depuis plus de 20 ans les droits de l’Amiga cédés à une succession de tocards incapables de produire, malgré toutes les promesses, le moindre OS pouvant remplacer Windows, ils restent sur les acquis d’il y a 30 ans. De toute façon, pour ces fanatiques, il n’y a que l’Amiga de bien ! Et surtout, et c’est eux qui le disent : on n’a pas fait mieux depuis !

Un ordinateur de 1987, avec un CPU de 7Mhz et 512ko de ram, on n’a pas fait mieux depuis ? Pour eux non ! Et ils appuieront leurs arguments sur le hardware de l’Amiga qui, à les écouter, fut conçu par des sortes d’extra-terrestres d’un futur lointain, mais en réalité, juste par un petit ingénieur dans la panade… Il n’est pas rare de les entendre déclarer, et le plus sérieusement du monde, que rien ne peut rivaliser avec l’Amiga. Que ce soit une Mega Drive, une Super Nintendo, une PlayStation, un Mac, même un PC de gamer actuel : l’Amiga fait la même chose, voire mieux ! Certains de ces illuminés parlent de « magie » dans cet ordinateur…

Mais l’exemple revenant le plus souvent est celui des coprocesseurs Denise et Paula. Il faut les voir écrire, ou prononcer, religieusement ces prénoms, et les parer de toutes les vertus, comme si c’était leurs nanas ! Et d’ailleurs, ce n’est que ça. Ces circuits se seraient appelés « Denis » et « Paulo », ils n’en parleraient pas ainsi. Il y a clairement une sorte de transfert. Denise et Paula sont les deux seuls ersatz féminins que ces braves simps n’ont jamais pu ramener dans leur chambre puante…

Le fanatique de l'Amiga

Leur Amiga tourne tous les jours. Mais que peut-on bien faire avec un ordinateur d’il y a 30 ans ? Déjà, on peut jouer. S’étant taillé une belle réputation là-dessus au début des années 90 à l’aide de jeux dont on parle encore aujourd’hui, l’Amiga assure dans le domaine ludique. Et cela n’est guère étonnant puisqu’il fut à la base conçu pour être une console à cartouche. Rappeler cette triste réalité peut agacer les fans. Pour contrer cela, ils ont appris à le déguiser sous l’appellation fourre-tout et pompeuse « d’ordinateur multimédia »…

Bon, ok pour les jeux, mais sinon, on peut bosser un peu avec un Amiga ? Oui, mais il faudra salement le vouloir ! La plupart des logiciels pros pour cette machine sont mal foutus, toujours moins bons que sur d’autres plateformes et arrivés trop tard. Pour lutter contre ce cruel handicap, les fans de l’Amiga répliquent à qui veut les entendre que leur ordinateur est multitâche, ce qui, d’après leurs dires, est unique et, finalement, compense tout ! Ils vous expliqueront, avec une voix de commercial foireux, qu’il peut formater une disquette tout en compressant des fichiers pendant qu’il lit un mod (un instrumental synthé moche). Et ça, pour eux, c’est un signe de supériorité et de débauche technologique absolues. Et il peut faire tourner Turrican et Deluxe Paint en même temps ? Ah ben non hein… Avec un CPU faiblard et aussi peu de ram, faut pas trop en demander. Leur fameux multitâche, c’est juste pour des opérations basiques effectuées sous Workbench, leur risible système d’exploitation ; risible car tenant sur disquette et trois pattes tant il est buggé… Avec de tels défauts, pas étonnant que les pros ont toujours préféré son éternel rival : l’Atari ST.

A ce propos, le simple nom « Atari ST » suffit à rendre folle furieuse l’amicale des amis de l’Amiga. C’est le grand ennemi à éradiquer. Très productifs dans les vidéos sur YouTube de comparaison d’un même jeu sur les deux plateformes 16 bits, nos sympathiques ringards les présentent toujours de façon triomphales et agressives ; presque hystériques :

- Nous, on a le plein écran ! Nous, c’est plus rapide ! Nous, on a la stéréo ! Le ST, c’est de la merde et un ordinateur de merde ! Que de la meeeeeeeeeerde ! ON-LY AMI-GAAA HOU-HOUUUU…

Si le ST était si minable à leurs yeux, ils n’en parleraient pas autant. Le fait est que cet ordinateur, plus faible, plus vieux, et qui n’a jamais été conçu pour jouer, contrairement à l’Amiga, faisait presque la même chose que lui sur le plan des jeux, parfois même mieux, en particulier dans la 3D formes pleines où son CPU plus rapide faisait toujours la différence. Par charité chrétienne, nous éviterons de dire que le ST, de par sa stabilité et la qualité de ses écrans en haute résolution, a toujours eu la préférence des professionnels en terme de PAO, de MAO, de CAO, de programmation, de bureautique, bref ! TOUT le côté pro. Et en plus, il était moins cher ! C’est sans doute ça qui dérange encore tant nos Amiga maniacs : ne pas avoir eu l’hégémonie. Ils auraient tant voulu que le bébé de Commodore soit le seul ordinateur 16 bits du marché et ainsi régner. Complexés eux ? Si peu…

Que font-ils sur Amiga de nos jours ? Ils codent, ou se prennent pour des codeurs, avec des langages que plus personne n’utilise. Mais surtout, ils formatent en boucle leurs vieilles disquettes, compressent leurs données pour les décompresser afin de pouvoir les recompresser ensuite et écoutent des mods, le tout en multitâche évidemment. C’est une névrose chez eux, comme certains passent l’aspirateur en permanence. Ça les émerveille toujours autant, les calme et les maintient artificiellement en 1990.

Quand ils retournent sur un ordinateur moderne, ils s’offrent grâce à eBay les autres Amiga, pour étoffer la collection. Un 600, un 1200, un 2000 et un 3000 (ils cherchent encore le 4000). De bien belles bêtes. Tellement qu’elles ne se vendaient pas à l’époque, ce qui conduisit Commodore à la faillite en 1994. Qui allait acheter des machines célèbres pour leurs plantages à répétition et plus douées pour animer des sprites en 2D que pour calculer la paye des employés ? Les pros avaient déjà tous des PC ou des Mac pour cela à cette période. Ou encore des Atari ST…

Pour le reste, ils cherchent du matos qui pourra augmenter les capacités d’origine de leurs bécanes. Constamment en train de se mesurer le bit, ils font subir de véritables gang bangs à leurs pauvres Amiga en dilatant le moindre de leurs ports à l’aide de cartes d’extension de RAM et autres accélérateurs en tout genre, bien que ne servant à rien du tout car utilisés par aucun programme. Mais cela leur permet de dire sur les forums consacrés, à l’aide de captures d’écran de sysinfo en guise de preuves :

- Avec ma carte XB-28, + 256 ko de go de ram soudée par mon cousin + un peu de reblochon thermique sur Denise et Paula (elles étaient trop hot les coquines !), eh ben mon Amiga est plus rapide qu’un PC dans le calcul des statistiques sur l’espérance de vie des mouches au Pôle Nord ! Eh ouais ! ON-LY AMI-GAAA HOU-HOUUUU…

Et c’est vrai ! Sauf qu’ils évitent de dire que le dit PC de comparaison date de 1984… Et oui, en terme de puissance, un simple 386 écrasait déjà tout sur son passage. Mais la frime est vitale pour eux. Il faut qu’ils continuent de croire que l’Amiga, c’est le dieu des ordinateurs !

La petite scène de codeurs encore active sur le divin sac à puces fait de son mieux pour porter dessus les jeux phare d’il y a 25 ans, les Doom et autres Tomb Raider. C’est une question d’honneur pour cet ordinateur qui n’a jamais su/pu afficher de la 3D texturée… Après de longs mois de travail, et malgré l’aide de nombreuses béquilles électroniques plus ou moins modernes, le résultat final pue salement de la gueule. Nous avons rarement plus d’un niveau, grossièrement pixélisé et tournant en 2fps. Mais pour les fanatiques, c’est une nouvelle victoire écrasante de l’Amiga qui démontre encore une fois sa domination totale… Les plus tarés trouveront que c’est même mieux que le jeu original sur PC datant de 1994, composé de 25 levels, lissés, super fluides avec son qualité CD… Irrécupérables.

Ces fanatiques de l’Amiga ne sont pas méchants. Ce sont nos hippies à nous, des neuneus bloqués dans une époque révolue avec un matériel obsolète et dépassé mais continuant de croire qu’ils sont le futur. Un futur d’il y a 30 ans ! Par contre, s’ils commencent à vous gonfler avec leurs conneries d’un autre âge et à devenir agressifs, n’hésitez pas à vous moquer d’eux et à les humilier. Eux qui adorent vivre dans le passé, ça leur rappellera l’école, quand ils étaient le souffre-douleur de la classe…

Publié dans FOCUS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

B
Mais en fait c'est Professeur ST de feu Micro News qui s'exprime ! XD
Répondre
B
Je suis team Atari ST, mais il faut avouer que l'article est un peu trop hard, même si il m'a fait marrer :)
Répondre
C
Un "article" dégueulasse, plein de préjugés et de mensonges ou d'exagérations à charge. Ridicule.
Sans compter que remettre de l'huile sur le feu d'une guéguerre vieille de plus de 30 ans, ça ne rime à rien. Les 2 familles de machines Amiga et Atari ST étaient géniales pour leur époque, point barre. Elles sont mortes et enterrées depuis longtemps et ne devraient générer qu'un peu de nostalgie bienveillante de la part de ceux qui ont effectivement connu cette époque. Pour les plus jeunes, c'est juste un pan d'histoire du jeu vidéo et de l'informatique familiale, rien de plus. Des ordinateurs dinosaures, comme de vieilles photos jaunies noir et blanc qu'on regarde une fois de temps en temps pour savoir ce qu'il y avait avant.
Répondre
D
Que de haine...

PSG, 2001 l'Odyssée de l'espace, Atari, Naintendo Swatch... Y'a pas à dire, y'a de la qualité sur ce site, on comprend pourquoi l'audimat est en hausse. Allez, on passe à autre chose.

Pour les éventuels lecteurs je vous conseille de faire comme moi: arrêtez-vous à la fin du premier paragraphe, où on sent que ça se met à dériver comme du E.Z....
Répondre
P
du même auteur que les brocanteurs ? c'est toujours drôle la caricature crasse et tant mieux si le fond de vérité dérange. ceux qui ont expérimenté page stream vs publishing partner dans l'édition comprendront. j'avais été vexé quand mon prof d'info avait taxé mon amiga de console à disquette, il n'avait pas tord.