[TEST ARCADE] Senjin Aleste

Publié le par Fellock

Année : 2021
Support : Arcade
Développeur : M2
Éditeur : M2
Nombre de joueurs : 1

Après avoir gâté les fans de shmups verticaux en ressuscitant la licence “Aleste” avec un “GG Aleste 3” absolument fantastique en décembre dernier, M2 revient avec un nouvel opus pour le moment exclusif aux bornes d’arcade. Ce choix peut paraître bizarre d’autant qu’aucun épisode avant celui-ci n’est sorti dans les salles enfumées.

[TEST ARCADE] Senjin Aleste

La série “Aleste”, créée par le studio Compile, a vu le jour en 1988 d’abord sur Sega Mark-III, puis 5 mois plus tard sur MSX2. Elle fait suite au succès rencontré par “Zanac”, un autre jeu de la firme de Hiroshima sorti sur MSX et NES. D’ailleurs, le premier “Aleste” devait s’appeler “Zanac 2”, mais pour des problèmes de droits avec l’éditeur Pony Canyon, les développeurs de Compile ont dû opter pour un autre nom. C’est ainsi que le directeur charismatique du studio, Moo Niitani, a choisi le titre du manga amateur de l’un des membres de son équipe : “Arrester” qui allait donner “Aresuta” puis “Aleste”. Le premier opus reprend beaucoup d’éléments de “Zanac”, à commencer par une grande variété d’armes, des frames d’invincibilité à chaque fois que l’on ramasse une amélioration et même certains ennemis. De nombreuses suites verront le jour sur MSX2 et principalement sur consoles Sega, à l’exception du fantastique “Super Aleste” sur SNES. D’une certaine manière, on peut également dire que la PC Engine n’a pas été oubliée non plus avec des titres tels que “Gunhed” (qui présente des similitudes avec ses armements variés) et surtout “Seirei Senshi Spriggan” qui a longtemps gardé le titre “Seirei Senshi Aleste” lors de son développement avant de prendre un autre nom pour devenir une série de shmups propre au studio Naxat Soft.

Malgré cette riche histoire, le destin de cette série prend brutalement fin en 1993, après la sortie d’un “Power Strike II” (nom donné à certains épisodes de la licence en Occident). Suivront les annulations de Super Aleste II, de Dennin Aleste 2 et même d’un Aleste X sur PS1. Les fans ont tout de même pu se consoler avec l’excellent “Zanac X Zanac” sorti en 2001 sur PS1. Oui, mais “Zanac” n’est pas vraiment “Aleste”… Puis, 19 ans plus tard, M2 a ravi les fans de shmup en annonçant la sortie d’une compilation d’Aleste, d’un “Aleste Branch” (dont on n’a aucune nouvelle), puis d’un Aleste arcade qui sera baptisé “Senjin Aleste” en février 2021.

Malheureusement, à cause de la crise sanitaire actuelle, les locatests ont été maintes fois repoussés jusqu’à cet été. Depuis le mois d’août, le jeu est accessible dans plusieurs salles d’arcade réparties sur tout le territoire nippon. Le fan que je suis devait forcément le tester, que dis-je, l’essorer pour vous en présenter la substantifique moelle.

On dirait plus un Danmaku qu'un Aleste

On dirait plus un Danmaku qu'un Aleste

“Voici l’Aleste de Reiwa !”
On retrouve cette phrase d’accroche sur tous les posters qui ornent les salles d’arcade qui accueillent le jeu. “Reiwa” désigne l’ère qui a débuté avec le nouvel empereur du Japon en 2019. Ainsi, ce slogan nous donne d’ores et déjà un avant-goût de ce qui nous attend : la licence “Aleste” va être remise au goût du jour. Les premiers visuels ont confirmé mes impressions et j’avoue que les rideaux de boulettes qui apparaissaient dans les premières images du jeu avaient de quoi me rendre perplexe. M2 cherche à transformer “Aleste” en danmaku ? Pourtant, en développant GG Aleste 3, ce même studio s’était montré capable de faire un titre dans la droite lignée des opus précédents. Bref, “Senshin Aleste” marque une cassure avec le reste de la série de par sa sortie en salles d’arcade et son style qui le classe parmi les danmakus. Maintenant, il reste à savoir si ce pari risqué de M2 est réussi. Je ne me suis pas gêné pour le vérifier…

Quatre filles dans le vent…
L'action de ce shmup vertical se situe au vingt et unième siècle. L’humanité entre enfin en contact avec une espèce extraterrestre, il s’agit d’une graine. Mais comme on peut s’en douter, la plante qui va en sortir va semer la zizanie et plonger le monde dans le chaos. Quelques années plus tard, le seul espoir de l’espèce humaine repose sur les épaules de quatre jeunes filles et de leurs vaisseaux…

On incarne donc ces quatre filles dans la même partie. Au début, il nous faut en sélectionner une qui servira de cheffe d’escouade. Ce choix est important, parce que chaque héroïne (que l’on va nommer A, B, C et D) dispose d’une capacité spéciale qui s’appliquera aux autres tout au long de la partie :

Leader Type A : La jauge de powerup monte plus vite
Leader Type B : Les items apparaissent plus vite
Leader Type C : plus grande puissance de feu
Leader Type D : les vaisseaux HS reviennent plus vite

Dès que la partie commence, on incarne l’héroïne principale qu’on a choisie jusqu’à sa destruction ou l’apparition d’un item. Dans le premier cas, le vaisseau suivant dans l’ordre alphabétique viendra remplacer celui qui a été détruit. Par exemple, si je contrôle le vaisseau C et que je le perds, le D viendra prendre la relève et ainsi de suite jusqu’au gameover qui apparaît quand nos quatre vaisseaux sont HS. Il faut tout de même savoir qu’un vaisseau détruit se régénère petit à petit et redevient jouable au bout d’un certain laps de temps.

Chaque vaisseau dispose d’un tir qui lui est propre et qui est bien connu des amateurs de la série. Ainsi, le tir secondaire de A tourne autour de son tir principal, celui de B s’oriente à l’opposé du déplacement du vaisseau, le tir de C balaie l’écran et celui de D tourne autour du vaisseau et joue le rôle d’un bouclier.

Quant aux items, il s’agit des lettres A, B, C et D qui défilent. Ainsi, si on incarne le vaisseau A et qu’on ramasse l’item C, on prendra immédiatement le contrôle du vaisseau C. Bien entendu, on ne peut pas récupérer la lettre qui désigne le vaisseau qu’on contrôle. Par exemple, si j’incarne le vaisseau B, l’item ne fera défiler que les lettres A, C et D. En revanche, les lettres qui désignent des vaisseaux HS continuent à défiler sur les items. Ainsi, si je ramasse un item avec une lettre grisée, le vaisseau HS qu’elle désigne se régénérera beaucoup plus rapidement. Ces items permettent donc de choisir un vaisseau spécifique pour un certain passage ou de récupérer plus rapidement des vaisseaux qu’on a perdus auparavant. Petite cerise sur le gâteau : quand on en ramasse un, on bénéficie d’un petit moment d’invincibilité qui peut nous sortir d’une situation compliquée comme c’est le cas dans la plupart des Aleste. Ces items constituent donc l’un des deux gros côtés stratégiques de ce titre.

Enfin, de la même manière que les items, des bombes apparaissent de temps à autre, si on entre en contact avec celles-ci, elles provoquent une puissante explosion qui détruit tous les ennemis faibles et endommage de manière conséquente les adversaires puissants. Malheureusement, il est impossible de les stocker. On ne peut donc les utiliser que tant qu’elles restent présentes sur l’écran.

On peut ramasser des bombes pour commettre un massacre en chaîne

On peut ramasser des bombes pour commettre un massacre en chaîne

Hard scorer
Comme dans tout bon shmup, le scoring tient une place importante et le gameplay est forcément pensé pour ce dernier. Les fans de la licence seront ravis de retrouver les dragées “P”. Ces derniers permettent de remplir la jauge de powerup qui peut être activée dès qu’elle est remplie à 25 %. Le vaisseau jouit d’un petit moment d’invincibilité (qui ne dure pas tout le temps de l’activation de la jauge) et devient plus puissant pendant que l’action sur l’écran tourne au ralenti. Durant ce laps de temps, les ennemis ne lâchent plus de dragées “P”, mais des médailles de bronze, puis d’argent, d’or et enfin de platine qui permettent de faire péter le score. Ainsi, les débutants auront tendance à utiliser les powerups pour se faciliter la tâche, quand les pros attendront le meilleur moment (juste après l’utilisation d’une bombe sur une tonne d’ennemis) pour faire le meilleur score possible. La jauge se remplit plutôt rapidement en fonction des dragées que l’on obtient. Si on tue des ennemis à distance, on n’obtiendra que des petites dragées. En revanche, si on les laisse entrer dans le périmètre du cercle qui entoure notre vaisseau avant de les achever, on récupérera de grosses dragées qui rempliront la jauge de powerup beaucoup plus vite. Cette prise de risque fait penser au gameplay d’un “Ketsui” et apporte un plus au côté stratégique déjà bien complet de ce titre.

La fête aux médailles !

La fête aux médailles !

Aleste dans mes baskets ?
Le jeu demeure très accessible avec ses quatre niveaux de difficulté ainsi que des modes manuel et automatique. La jouabilité tient sur trois boutons : un pour le tir normal, un autre pour un tir concentré plus puissant, mais qui réduit la mobilité du vaisseau et un dernier pour activer et désactiver la jauge de powerup.

Le jeu est plutôt court puisqu’il n’est composé que de cinq stages qui se parcourent en une grosse demi-heure. Graphiquement, ces jolis comme tout et tout bouge à merveille sans problème au niveau de la fluidité. Au niveau des musiques, on est loin des compositions de Sakoda dans “Musha Aleste”. Les thèmes sont loin d’être inoubliables. S’il y en a un à retenir, ce serait éventuellement celui du niveau 2, mais on est loin des grosses compositions du genre. Quoi qu’il en soit, je trouve les musiques des boss réussies, parce qu’elles collent parfaitement à l’action et elles sont stressantes à souhait. D’ailleurs, les boss sont plutôt réussis dans l’ensemble et ils proposent des patterns vraiment intéressants, mention spéciale à la forme organique du boss du niveau 3.

Le premier boss est plutôt simple

Le premier boss est plutôt simple

Aleste Matuidi ?

Bref, ce Senjin Aleste est un très bon shmup, un poil trop court peut-être. En revanche, il n’a plus grand-chose d’un “Aleste”. On est sur un danmaku moderne à la réalisation maîtrisée et très agréable à jouer. Il bénéficie d’un gameplay complet et plutôt profond qui regroupe plusieurs spécificités du genre. Inutile de dire que les joueurs qui veulent découvrir un nouveau shmup seront aux anges. Par contre, les aficionados des shoots oldschool qui espéraient s’essayer à un nouvel Aleste seront bien plus heureux avec “GG Aleste 3” sorti dans la compilation “Aleste Collection” sur PS4 et Switch au Japon.

SUPPOS : 5/6

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Publié dans TESTS

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C
Merci pour ton retour.
Aimant les damnakus, ça donne envi, par contre j'aurai sûrement jamais l'occasion de le jouer..
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